lundi 18 octobre 2010

L'automne arrive


Km 1607 – Charolles, FRANCE

On a finalement quitté la campagne auxerroise le mercredi 13 octobre, après quelques visites aux alentours, et un repos pour une fois bien mérité à Irancy. Suivant les conseils des connaisseurs, on est allé faire un tour à Noyers (dans la région, ça se prononce « noyères »), petit village avec de jolis remparts où coule le Serein (joli nom pour une rivière...), puis Montréal, village perché sur une colline, un passage par Avalon (juste au McDo pour avoir du wifi !) et enfin Vézelay en fin de journée. Il y a là une très belle basilique, apparemment réputée vu le nombre de touristes et d'hôtels-restaurants ! On a droit au coucher du soleil sur le parc de la basilique. On a aussi fait des balades en vélo dans les vignes, au milieu des chasseurs...



 



Après avoir passé un dimanche paisible (tout le village semble endormi, alors on a fait pareil !) et un lundi créatif, on a quitté Irancy en fin de matinée le mardi. 

On est allé au chantier médiéval de Guédelon, entre Saint-Sauveur-en-Puisaye et Saint-Amant-en-Puisaye. C'est l'histoire d'un passionné de Moyen-Age et propriétaire d'un château qui a décidé d'en construire un autre, avec les techniques et matériaux du 13ème siècle ! Autant dire, un projet de fou ! Une cinquantaine de personnes y travaillent à l'année (de mars à novembre seulement, comme au Moyen-Age) et le projet est prévu sur 25 ans. Commencé en 1998, le château est de type « philipien », c'est à dire avec 1 tour ronde à chaque coin + 2 de part et d'autre de la porte d'entrée principale. Le type qui nous fait la visite est forgeron et nous détaille toutes les techniques mises en œuvre pour défendre le château : le glacis, les pièges dans les douves, les tours rondes sur lesquelles ricochent les projectiles, les archères qui permettent les tirs croisés et les projections de déjections bouillantes (beurk !) !! On fait le tour du chantier : les techniques sont du 13ème siècle, mais la sécurité est du 21ème siècle ; les chaussures de protection, casques, lunettes et bouchons d'oreilles sont obligatoires. Ces détails anachroniques sonnent faux dans le paysage mais sont indispensables ! On imagine les difficultés que doivent avoir les gens de ce chantier au quotidien avec les normes et règles d'aujourd'hui, les commissions de sécurité pour accueillir les visiteurs et autres obligations de prouver la résistance de telle ou telle chose avant de l'utiliser (les cordages fabriqués sur place, par exemple)... La visite nous fait découvrir mille choses : les murs de 3m d'épaisseur, les latrines (c'est important !), la fabrication du mortier, les méthodes de levage... La chose rigolote de la visite, c'est qu'on est les deux seuls jeunes au milieu d'un groupe de retraités ! On se balade sur le site et on découvre tous les métiers : les tailleurs de pierre, les charpentiers, le fabricant de cordages, celui qui fait les paniers en osiers, les compagnons de la tuilerie, l'équarisseur... On a des yeux de gamins ! Le menu de la taverne a l'air appétissant, mais il est l'heure de repartir car on est invité chez Stéphane, rencontré pendant les vendanges.






 

Le mercredi, on quitte l'Yonne pour rejoindre la Saône et Loire, en passant par Chablis, en commençant par Laura (cousine de Caro) et Benoit. Les paysages se succèdent, mais les vignes nous poursuivent ! On découvre Montagny-les-Buxy en fin de journée : un petit village au milieu des vignes. Les cousins nous accueillent les bras grands ouverts et nous font visiter la maison qu'ils ont rénovée : c'était une grange avant, et maintenant, c'est plutôt une jolie maison avec de belles pierres, une immense baie vitrée et de grandes chambres ! Comme Benoit est à la maison en ce moment, il nous a cuisiné un délicieux bœuf bourguignon accompagné d'un gratin dauphinois. On passe une très bonne soirée et une très bonne nuit !
Le lendemain, comme on a finalement décidé d'installer un chauffage dans notre camion (c'est qu'il commence à faire frisquet !), on se rend à Chalons sur Saône dans un magasin spécialisé. Le vendeur nous conseille un truc complètement différent que ce qu'on avait prévu et on ressort plutôt content et avec un peu de bricolage à faire. La route vers Charolles est très belle : la campagne est vallonnée et la brume s'installe petit à petit. On arrive à destination vers 18h30, après quelques 20 minutes d'attente à la station service (la peur de la pénurie pousse-t-elle les gens à faire le plein tous les 2 jours ?). Et on rejoint Mémé, toute fraiche et pimpante : Cathy (une autre cousine de Caro) nous invite à manger chez elle ce soir dans son nouvel appart'. Et c'est parti pour Paray ! Les petits nous attendent avec impatience et sont surexcités par notre venue (euphémisme). On passe une très bonne soirée, et on fait découvrir en vrai le camion à Antoine qui n'attendait que ça depuis qu'il avait vu des photos !
Et là, on passe donc quelques jours à Charolles, à bricoler notre radiateur et profiter une dernière fois d'un vrai lit et d'une douche chaude ! Mémé nous prépare de délicieux repas et prend bien soin de nous. Rangement du camion, remplissage du frigo, on se prépare à décoller dimanche (le 17 octobre), en direction de l'Espagne...



Ici Clermont-Ferrand, à vous la France (et ailleurs...)

PS: Quand on aura reçu une dizaine de propositions de « comment on est sortis de notre bourbier » (voir article « la gadoue la gadoue la gadoue... »), on vous donnera la réponse, et les photos qui vont avec... Oh le suspens!

samedi 9 octobre 2010

les Vendanges chez les Richoux


km 906 - Irancy, France

L'histoire ne révèle pas encore comment on est sortis de notre bourbier. On vous le dira plus tard ! Sachez qu'on a finalement réussi à sortir de la pâture, et qu'on est partis en direction de Troyes. Après une petite visite de la ville (les ruelles et les maisons à colombages sont très jolies), on trouve un emplacement pour la soirée : ça sera sur un parking au bord du lac d'Orient (sautez sur un atlas, vous verrez, c'est un peu à l'est de Troyes !).

Le lendemain, douche pas très chaude à côté du camion : il faut quand même qu'on présente bien pour nos futurs patrons ! Et c'est parti direction Irancy (au sud d'Auxerre, pas loin de Chablis, pour les connaisseurs !).

Nous arrivons donc le mardi 28 septembre vers 17h chez les RICHOUX. Corinne nous accueille par un petit tour du propriétaire (là les cuves, ici la douche, là la salle à manger commune, etc...). Elle nous montre l'endroit où l'on peut installer notre maison roulante, sous un noyer, juste à côté de la maison. Tout commence très bien !


 On décide alors de retourner sur Auxerre, pour faire le plein de nourriture pour la semaine, et aussi regarder le match de foot du jour dans un pub : Auxerre-Real Madrid. L'effervescence est palpable dans la ville. On passe sans faire exprès au pied du stade quelques heures avant le coup d'envoi : c'est le branle-bas-le-combat ! Y'a des CRS partout! Malgré la défaite, la soirée est agréable...

Mercredi 29 septembre, 6h50, le doux bruit du réveil se fait entendre : il faut aller bosser !! Tout le monde se retrouve dans la salle à manger commune autour d'un café bien chaud, le soleil n'est pas encore levé, on a tous un ciré sur le dos et des bottes au pied, un sécateur dans une main et un seau dans l'autre... En voiture, Simone ! La quarantaine de vendangeurs se répartit dans 2 fourgons, suivis par les tracteurs, et hop, direction les vignes. Thierry (le patron) nous place dans les teilles, et c'est parti : on ramasse des raisins mûrs, on enlève les pourris, on ne prend pas le vert-jus (celui qui n'est pas encore mûr), on n'oublie pas les débuts de treille et on aide son voisin ! Aux alentours de 9h30, c'est pause casse-croute : paté, rosette, fromage, pain frais, café, carré de chocolat, vin rouge, il y en a pour tous les goûts ! Puis arrive midi et le déjeuner tous ensemble dans la salle à manger : de grandes tablées, entrée-plat-fromage-dessert-café, un vrai festin !! On recommence à 14h dans une nouvelle vigne. La journée s'achève à 18h, bien fatigués.









 

Voilà, dans les grandes lignes, notre quotidien jusqu'au mercredi suivant à midi (le 06 octobre donc). Les soirées ont été variées : tranquillou dans notre camion à apprendre nos leçons d'Espagnol, dégustation à la cave, crêpes chez des copains rencontrés sur place... Bref, pas le temps de s'ennuyer, et pas le temps de mettre à jour le blog non plus (d'ailleurs, pas moyen de téléphoner non plus: pas de réseau, encore désolés!!) ! On retiendra de cette période que les vendanges, ça fait un peu mal au dos et aux genoux et ça coupe les doigts, mais qu'on passe de bons moments avec tous les autres vendangeurs, parce qu'on est tous dans le même bateau ! On a eu du beau soleil, mais aussi beaucoup de pluie.



petit pot de fin de journée, avec Corinne
dégustation à la cave


Et tout ça s'est terminé le mercredi midi, avec ce qu'on appelle traditionnellement dans le coin : la poellée (prononcez « pelé », il me semble...). C'est une espèce de fête du slip avec tous ceux qui ont participé aux vendanges, qui commence à 13h par un apéro au kir royal, se poursuit par un délicieux repas (toujours entrée-plat-fromage-dessert-café, mais en encore meilleur avec du jambon à la chablisienne, du chevreuil, de l'agneau, de l'époisses, et une charlotte aux framboises du jardin, le tout arrosé de plein de bonnes bouteilles du coin!!!), puis un défilé bruyant dans les rues d'Irancy et enfin un retour au calme en douceur avec des gaufres au coucher du soleil.








J'ai oublié de vous dire que j'ai quand même fini dans la benne (c'est là qu'on met tout le raisin qu'on cueille pendant la journée), avec 2 autres filles (c'est le baptême des vendanges) et Christophe a eu droit à son seau de raisins pourris sur la tête ! Et ça pègue* le jus de raisin !!
Enfin, voilà, maintenant on peut dire qu'on a fait les vendanges, et on est bien content ! Et d'ailleurs p'tèt' bien qu'on le refera!!


 Pour des raisons de logistique « renaultienne » , et parce qu'on profite des beaux paysages dans le coin, on reste à Irancy jusqu'à mardi au plus tard (Merci les RICHOUX pour le chaleureux accueil). Après, on prendra la direction du sud de la Bourgogne, faire un petit coucou à Mémé, et toute la famille charolaise.



*NDLR : din le chud, « pègue » veut dire poisseux, collant.

vendredi 8 octobre 2010

La gadoue, la gadoue, la gadoue...



Nous passons un samedi après-midi à imprimer des autocollants chez A***, la boîte où bosse Cédric, pour la suite de la déco du camion. S'en suivent 2 bonnes heures de galère pour essayer en vain et jusqu'à la tombée de la nuit, de coller le grand sticker sur le capot.




Du coup on ira aussi faire un tour chez R***, la boîte où bosse Marie, pour coller ce put... de sticker avec du matériel plus approprié le dimanche midi...
 



Puis nous quittons la région parisienne sous une pluie conséquente, avec 3 jours devant nous pour arriver à Irancy, petit village Bourguignon où nous allons faire les vendanges. On choisit de se diriger vers l'Est, direction Montmirail (comme dans Les Visiteurs!)... La civilisation se dissout peu à peu, à mesure que nous nous éloignons de la capitale. Elle finit par laisser place à des forêts, des champs, et des gisements de pétrole (!?)...

Dans l'après-midi, on repère sur la carte un tout petit lac et on se dit que ça pourrait bien être notre petit coin de paradis pour aujourd'hui! On s'engage alors dans un chemin de terre au milieu d'une petite forêt. Y'a des traces de pneus fraîches, donc on se dit que le terrain est praticable... 100m plus loin le chemin débouche dans un graaand champ, sans un bâtiment à l'horizon! Super tranquille! On décide donc de s'arrêter là pour ce soir. Je manoeuvre pour orienter le camion face à la vue, mais la manoeuvre s'arrête quand la roue avant droite se met à patiner... suivie par la roue avant gauche après 2 – 3 tentatives de redémarrage... Merde, on est embourbés! On décrète qu'on règlera ça demain.

Fait pas très chaud, et fait humide... mais bon, on est quand-même bien là, tous les 2 dans notre champ... Fin de journée et soirée paisible, dans un silence si complet qu'il en devient angoissant...
On entend tous les 2 des voix, on flippe un petit peu, et on finit par s'endormir en pensant que demain on devra peut-être aller toquer à la porte d'un paysan du coin pour qu'il nous sorte de notre bourbier avec son tracteur...

Vient le lendemain. Le champ est toujours là, le camion et ses roues embourbées aussi, mais la pluie a laissé place à un beau soleil. Oh la belle journée qui s'annonce! Petit déj avec les gaufres de Papy, trop bonnes! Après quoi il faut bien se rendre à l'évidence: va falloir se débrouiller pour repartir!

Et là, c'est l'instant devinette: comment Caro et Christophe vont-ils parvenir à sortir leur camion de son bourbier? Les données sont les suivantes:
  • ils sont face à un champ boueux, et dos à une forêt, pas loin du petit lac au sud de Fromentières (voir carte ci-dessous), et tel que présenté sur la photo
  • ils ont à leur disposition: tout le matériel qui se trouve dans le camion, 2 vélos, une roue de secours, un téléphone portable, une bite et un couteau (suisse).

Les gagnants recevront en exclusivité des autocollants collector des Escargots migrateurs, imprimés chez A***!!